Nobuyoshi
Araki est né en 1940 dans un quartier
populaire de Tokyo. A douze ans, il reçoit
de son père photographe amateur, un
appareil photo "Baby Pearl", avec
lequel il fera ses premières prises
de vues. Il exerce le métier de cameraman
pendant 10 ans pour l'agence Dentsu, puis
décide d'orienter son travail dans
une direction plus personnelle au début
des années 70. En 1971, il épouse
Yoko Aoki et publie "A sentimental journey",
compilant des photos prises pendant sa lune
de miel.
Fasciné par la trilogie indissociable
et fondatrice du sexe, de la vie et de la
mort (on lui doit ces mots "A peine sorti
du vagin de ma mère, je me suis retourné
pour le photographier"), Araki est un
inlassable photographe obsédé
par la femme, souvent ligotée et les
fleurs, captées au plus intime de leurs
plis colorées. Mais l'on trouve aussi
bien dans l'œuvre prolifique et
foisonnante d'Araki des représentations
de paysages urbains, des portraits d'hommes,
de chats, de groupes.
"Je veux ficeler le réel, parce
que je ne peux rien ficeler d'autre. Ni le
cœur de Yoko, la femme que j'aime, ni
celui de personne. On ne peut pas ficeler
les âmes. Elles sont intouchables. Et
c'est parce que les âmes sont intouchables
que je veux ficeler le visible. En prendre
possession pour moi seul." "Aujourd'hui, il y a
trop de robots et moins de voix venant de
la chair. Ce que je veux photographier est
en train de disparaître. Lorsque le
monde va mal, il en va de même pour
les photographies. Elles deviennent inintéressantes.
Ceci est mon épitaphe pour la fin du
monde."