Edito suite

Avant on disait que, une seule image valait toutes les explications. Désormais pour une seule image, on imprime un livre entier de justifications. Parce que l’image n’est plus un vecteur de perception du réel, mais un vecteur de la dématérialisation de celui-ci. Après avoir usé les mots, ils s’en sont pris aux images. Comme les mots, on leur a retiré leur charge émotionnelle et leur sens. Les images même les plus dures se sont hygiénisées. Des morts dans les décombres de Beyrouth aux sourires des publicités, plus rien n’est porteur de sécrétions. Cela implique que notre rapport à la vie, comme ses repères est plus distancié. Peut-on encore affirmer avec Descartes : « Je pense donc je suis ! » .

Nous, nous nourrissons de ces images qui nous envahissent, et elles finissent par nous coloniser et nous constituer. Des milliards d’images différentes en apparence mais unique reflet d’une même pensée. Comme à la télévision où le signifiant peut être nulle et en même temps s’afficher à 25 images seconde. Il nous faut de la diversité. Ce qui est valable en terme alimentaire, l’est aussi matière linguistique. Ne pas réduire sa communication qu’à la seule langue anglaise au prétexte d’une pseudo modernité, mais s’enrichir de la multiplicité de celles du monde entier. Car chaque langue est porteuse d’un monde et d’une vision du monde. De telle sorte, par ce qu’elle est un outil de description, c’est un art visuel puisqu’elle nous donne à voir des images mentales. Aussi retrouverez-vous les reportages en plusieurs langues comme pour la photographe azérie Rena Effendi, qui est en russe, anglais et français. On vous a parlé de ce qu’il y avait, il faut maintenant vous parler de ce qu’il n’y a pas : un reportage sur le dernier modèle de chez Canon, qui pour raison de SAV injoignable n’a pas permis de réparer notre caméra donc : pas de bras, pas de chocolat !

Nous avons aussi tenu à parler dans notre édito fleuve, du prix Nobel de la paix, le bengali Muhammad Yunus, « le banquier des pauvres », qui avec sa politique du micro-crédit, relance l’initiative économique chez les plus démunies dans le monde musulman, particulièrement pour les femmes, leurs permettant ainsi de gagner leur indépendance
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